L’Esthétique de la réception et la triade auteur-oeuvre-lecteur. Le rôle des éléments paratextuels dans la formation de l’horizon d’attente du lecteur
Mots-clés :
texte, auteur, lecteur, éditeur, esthétique de la réception, éléments paratextuelsRésumé
Depuis Aristote, l’étude de toute oeuvre se fait en prenant en considération trois dimensions: celle de l’auteur (sa biographie,
sa vision du monde, sa place et son importance, son apport dans l’histoire littéraire), celle de l’oeuvre (la façon dont elle a manié le
langage), celle du lecteur (la réception et la production de sens par celui qui lit l’oeuvre littéraire), tout en accordant une importance différente à chacune d’elles et aux rapports entre elles à des différentes périodes historiques et selon les différents courants littéraires. Ainsi, tout au long de l’histoire littéraire, l’interprétation littéraire traditionnelle s’est-elle toujours occupée essentiellement de l’étude du rapport texte-auteur, depuis 1967, date de la parution du livre de H.R. Jauss Pour une esthétique de la réception, les théories Littératures française et francophone de l’esthétique de la réception s’occupent également de l’étude du
rapport texte-lecteur. À notre connaissance, rares sont des ouvrages où l’on étudie les rapports à la fois entre ces trois dimensions2.
Aussi, nous sommes-nous fixés pour objectif d’étudier le rapport complexe entre auteur-texte-lecteur. Or, les limites d’un article ne
nous permettant pas d’aborder en profondeur un sujet aussi vaste, nous n’allons traiter que du rôle des éléments paratextuels dans la formation de l’horizon d’attente du lecteur tout en ajoutant à la triade auteur-texte-lecteur un quatrième élément, celui de l’éditeur, parce que nous trouvons que les éléments paratextuels représentent un univers de coopération entre l’auteur et l’éditeur et que la fonction de cette coopération consiste à mettre en action et à faire revivre les savoirs et les connaissances encyclopédiques du lecteur, son expérience littéraire afin de le guider dans la lecture de l’oeuvre proprement dite pour qu’il puisse coopérer avec l’auteur et prendre en charge le rôle de celui qui, selon les théories de l’esthétique de la réception, assume l’actualisation, la «concrétisation» et la reconstruction des oeuvres littéraires.