Timp și traducere: modelul inferențelor direcționale

  • Irina BREAHNA

Résumé

Résumé: Les exercices de version où le français est la langue source témoignent d’une diversité importante dans le choix des équivalences temporelles. Puisque ladite diversité inclut non seulement des phénomènes de sélection paradigmatique, mais aussi des décalages et des transgressions, nous considérons justifiée une démarche qui prend en compte le concept d’erreur/faute de traduction. Le cadre théorique qui a servi d’outil pour l’interprétation de la temporalité, la pragmatique post-gricéenne, concourt également à l’adoption d’une telle optique. La communication humaine ne repose pas singulièrement sur des normes ou des conventions. La faute ou l’erreur de traduction, la terminologie n’est pas unanime, intéresse aussi les investigations traductologiques. Qu’il s’agisse d’une perspective didactique ou d’une approche opérationnelle et scientifique, la faute de traduction anime les recherches grâce à son potentiel de faire lumière sur des processus cognitifs et linguistiques dans le contexte du contact des langues. Le Modèle des Inférences Directionnelles (MID), développé dans le cadre posé par la Théorie de la pertinence, représente une approche théorique qui a pour objectif de décrire les conditions dans lesquelles sont inférées les inférences en avant et en arrière lors de l’interprétation des énoncés. La notion d’inférence directionnelle, comprise comme dynamique temporelle, souligne une vision dynamique du modèle, dont le but n’est pas seulement de localiser l’état ou l’événement sur la ligne du temps, mais aussi de montrer s’il fait avancer ou régresser le temps. Les inférences directionnelles en avant ou en arrière sont tirées sur la base de traits directionnels associés aux différentes informations (contenus conceptuels et procéduraux des prédicats, temps verbaux et connecteurs et hypothèses contextuelles). Un trait directionnel est une information sémantique minimale, portée par une expression linguistique, ou attribuée à une hypothèse contextuelle, qui participe à la construction de l’inférence directionnelle. Appliqué à l’analyse de plusieurs exemples de version avec temporalité «erronée» ou divergente, le MID nous a permis d’étayer notre point de vue que l’étude des sujets liés à l’emploi des temps et de la temporalité dans la traduction doit se faire dans le plan syntagmatique avec inclusion des outils de conceptualisation et de modélisation théorique qui envisagent non seulement la dimension normative de la langue, mais aussi celle cognitive. La faute de traduction dans ce cas fonctionne comme un indicateur, une anomalie, qui renseigne sur des processus d’intérêt scientifique au niveau de l’interprétation du texte source et de la performance en langue cible, en tant que langue maternelle. Le MID sert dans ce contexte de principe organisateur qui permet de considérer les fautes de traduction non comme des occasions de sanction, mais comme des occasions de «déchiffrement» des raisons pourquoi même une traduction défectueuse, une équivalence incorrecte, a été jugée pertinente par le sujet locuteur. Le MID nous permet d’intégrer les fautes de traduction «temporelles», d’un degré de gravité variable, au tableau plus large de la façon dont la cognition humaine traite l’information linguistique et contextuelle, à l’aide des mécanismes de compensation et de coordination dans l’environnement linguistique et cognitif.Dans le cadre plus large des débats sur l’unité de traduction, une approche inférentielle du discours pourrait se traduire par la conception d’une (sous-)unité de traduction directionnelle, comme rapport entre le texte source et le texte cible dans leur effort de garder l’équilibre fragile entre les contraintes internes du système temporel et les contraintes externes de nature pragmatique.

Biographie de l'auteur-e

Irina BREAHNA
Doctor în filologie, conferențiar universitar Universitatea de Stat din Moldova Chişinău, Republica Moldova
Publié-e
2020-11-30
Rubrique
Articles