Conceptul social ruşine reflectat în tablourile lingvistice ale lumii anglofone, românofone şi rusofone

  • Viorica LIFARI

Résumé

Résumé: Cet ouvrage examine le concept de honte en trois langues: anglais, roumain et russe, et dans deux types de cultures: celle individualiste (anglaise, américaine) et celle collectiviste (roumaine, moldave et russe). La honte est à la fois une catégorie personnelle et sociale. Si au niveau personnel, étant une catégorie éthique, elle peut être individuelle, au niveau social cette catégorie est associée à un caractère social et à un comportement stéréotypé au sein d’un certain groupe, elle est étroitement liée aux jugements ethniques sur ce qui est bon (correspond à la norme sociale) et ce qui est mauvais (constitue une violation de la norme) et l’acte d’enfreindre les règles se termine, dans certaines cultures, par une punition. Ainsi, l’émotion sociale est subordonnée au profil mental d’une culture, le fait grâce auquel nous observons une large variété culturelle, d’une part, et une standardisation du comportement fonctionnel expressif- affectif, d’autre part. L’idée de la spécificité culturelle des concepts émotifs est également soutenue par la scientifique A. Wierzbicka: dans les cultures individualistes, celles d’expression anglaise, l’intérêt pour les activités des autres et leur manière de vivre n’est pas aussi vif que celui des gens de la culture roumaine de Roumanie ou de Moldova. Ainsi, le concept de honte (shame) est moins important pour la culture anglophone, insistant plus sur le concept d’embarras (embarrasment), qui a le sens d’une émotion personnelle et fait partie du code de politesse de cette culture, ou du maniérisme dicté par le système démocratique. Par contre, si dans la culture russe, le concept de honte (shame) a une base morale, le concept d’embarras (embarrasment) signifie une situation confuse qui est arrivée à quelqu’un. En même temps, A. Wierzbicka affirme que shame en anglais représente un sentiment de douleur et une notion éthique qui fait référence à la disgrâce. Shame indique le désir de ne pas être vu, de se cacher. Les études interculturelles ont acquis une large portée et permettent de comprendre les subtilités de la mentalité d’un peuple, le fait de les connaître facilitent la communication au niveau interculturel, ce qui confirme l’actualité du sujet de recherche dans le cadre de la globalisation. La méthodologie de recherche des concepts et, en particulier, les méthodes issues de la linguistique cognitive proposées par George Lakoff et Anna Wierzbicka s’inscrit bien dans ce contexte. Ceux-ci incluent le scénario cognitif prototypique et le schéma d’imagerie décrit par le langage sémantique naturel présent dans toutes les langues. Le corpus analysé est composé d’aphorismes avec le lexème honte en trois langues et qui sont proposés par des écrivains anglais, américains, roumains et russes, classiques et modernes. L’étude démontre les nombreux cas de coïncidence de la mentalité roumaine et russe dans la conceptualisation de la honte, d’une part, et offre des différences de conceptualisation de la honte chez les Américains et les Anglais par rapport aux Russes, aux Roumains de l’espace de la Roumanie et de la République de Moldova.

Biographie de l'auteur-e

Viorica LIFARI
Profesor Asociat Universitatea de Stat din Moldova Chişinau, Republica Moldova
Publié-e
2020-11-30
Rubrique
Articles