L’expression des pensées du personnage au Moyen Âge français: continuité, innovation ou dégradation par rapport aux textes de l’Antiquité?
Mots-clés :
genres littéraires médiévaux, monologue intérieur, discours rapporté, traditions orale et écriteRésumé
Cet article s’intéressera, dans un premier temps, aux différentes stratégies narratives dans l’expression des pensées du
personnage mises en oeuvre dans les différents genres et formes littéraires du Moyen Âge français des XIIe et XIIIe siècles. Nous
examinerons en particulier les différents types de discours rapporté et les caractéristiques du monologue intérieur du personnage, à
savoir son extériorisation et/ou son intériorisation, en fonction de son énonciation (soliloque proféré, ou à voix haute, versus
silencieux). Dans un deuxième temps, ces caractéristiques du monologue intérieur médiéval français seront comparées à celles du même procédé dans quelques oeuvres des littératures géorgienne et arménienne du Moyen Âge, ainsi qu’à celles des textes de l’Antiquité gréco-romaine. Les analyses montreront, si, en ce qui concerne les oeuvres françaises, tout comme l’oeuvre homérique, on peut hésiter entre paroles et pensées là où il n’y a pas d’indication explicite, cotextuelle ou contextuelle, qu’il s’agit d’une profération à voix haute ou basse du monologue, on peut, au contraire, pour ce qui est des oeuvres géorgiennes et arménienne, affirmer avec certitude qu’il y a plusieurs épisodes où sont représentées, sous forme de monologue au discours direct, les pensées, non proférées, du personnage. Cette Littératures française et francophone conclusion nous permettra d’émettre l’hypothèse du rôle important, en l’occurrence, de la présence d’une tradition écrite plus avancée.