Jurnalul ca formă de memorie culturală. Identitate și alteritate în scrierile lui Arșavir Acterian

  • Maria EPATOV

Résumé

Résumé: La mémoire d’une époque subsume la mémoire des individus qui créent l’époque. Les concepts d’identité et d’altéritése trouvent à la base de tout journal. Au-delà du reflet de l’époque, chaque journal intime reflète l’auteur, surpris dans le tissu des pages de sa propre écriture. La relation entre l’identité et l’altérité est ce qui détermine la vision du monde et de soi-même de tout auteur de journal. Cette recherche vise à mettre en évidence les marques d’identité de l’écrivain Arșavir Actérien: intellectuel, ami et, enfin et surtout, être humain. On va analyser l’option pour le genre diaristique par rapport à la déterritorialisation et de la reterritorialisation qui définissent la crise culturelle de la conscience de l’entre-deux-guerres. On se propose de détecter, entre les lignes, l’image intérieure de l’écrivain, vue comme la conséquence de la transposition de sa vision du monde dans les pages du journal. On envisage de refléter la dichotomie ethnique propre à une culture née à l’intérieur d’une autre culture. À partir de ce point de vue, le journal devient le refuge de cette situation désespérée de l’écrivain à la recherche de son «moi», dont la seule solution est représentée par l’acte d’écriture, comme une forme d’éluder la réalité. L’époque communiste influence le style d’Arșavir Acterian. Les pages écrites pendant cette époque se trouvent loin de l’agitation et de la ferveur de l’entre-deux-guerres, marquées par la paix et la résignation. L’écrivain se concentre maintenant sur le côté spirituel, pratiquement, il se retire du monde historique dans le monde spirituel. La période communiste détermine une reconfiguration identitaire; libéré de la tyrannie de l’Absolu, Arșavir Acterian s’appuie sur ses racines, parlant pour la première fois ouvertement de lui-même en tant qu’Arménien. Est-ce une forme de redécouverte intérieure? Une tentative de créer un lien avec la famille perdue, avec ses racines arméniennes? L’écrivain semble avoir trouvé la paix en acceptant son statut de minorité ethnique. La réconciliation avec son ethnie apporte des pages dédiées à la communauté arménienne de Roumanie, à son histoire et à ses personnalités représentatives. Ce sont des pages qui comprennent des portraits des personnes qui ont marqué son destin: H.D. Siruni, Bedros Horasangian, Eugen Ionescu, Mircea Eliade, Emil Cioran. Le journal d’Arșavir Acterian devient ainsi le palimpseste de plus de 50 ans de culture dans l’espace roumain. La fin du journal témoigne du même esprit plein de bon sens, d’où transparaît, pour ainsi dire, une philosophie de vie dans la même note de pudeur qui transparaît à travers les pages. La formule diaristique pratiquée par Arșavir Acterian n’empêche pas l’authenticité éventuelle, bien que l’accent soit mis sur la capture du monde intérieur; l’image de l’époque est formée par le reflet de l’image du „moi” de l’écrivain, qui transpire entre les lignes. L’époque capturée dans les pages des écrits d’Arșavir Acterian comprend la période de la jeunesse, associée à l’entre-deux-guerres, la période de maturité, vécue dans le communisme, marquée par la retraite dans le monde intérieur, et la période de la vieillesse, celle des dernières années du communisme et l’aube de la démocratie. La fictionnalisation involontaire détermine le classement de l’écrivain Arșavir Actérien parmi les personnages qui représentent son époque, de sorte que l’écrivain devient un personnage de son propre destin, transformé en œuvre littéraire en l’enregistrant sous forme écrite.

Biographie de l'auteur-e

Maria EPATOV
Doctorandă Universitatea “Stefan cel Mare” Suceava, România
Publié-e
2020-11-30
Rubrique
Articles