Aspects du réel dans Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy
Mots-clés :
poétique, littérature engagée, Amérique latine, symbole, ontraste, réel merveilleux, terre, réécriture, saintetéRésumé
Le premier roman de Miguel Bonnefoy Le Voyage d’Octavio
(2015) est une oeuvre fort allégorique dont nous avons cherché à
faire ressortir l’aspect réaliste en nous référant à l’engagement
poétisé du texte, à la puissance suggestive des personnages et au
style audacieux de l’écrivain. En examinant les traits de littérature
engagée dans les aspects patriotique et universel, nous mettons en
évidence une peinture du fond social vénézuélien fort poétique mais
pas moins réaliste pour autant. Les personnages, de leur côté, se
trouvent bâtis de manière à ce qu’ils interagissent au niveau de la
perception symbolique de l’oeuvre, ce qui donne lieu à se pencher
de plus près sur des parallèles entre les descriptions physiques,
ainsi que sur des antinomies pertinentes entre les caractères. Leur
perméabilité aux éléments de l’environnement social permet de
parler d’une polyphonie sémantique des portraits. Le contraste en
tant que procédé narratif définit le lien entre le général et le concret,
et annonce la puissance du symbole dont le roman se caractérise
et vers laquelle convergent les portraits des personnages. En tenant
compte des éléments surnaturels dont la présence est incontestable,
nous préférerons le terme réel merveilleux à celui de réalisme
magique et avancerons l’hypothèse que l’évolution allégorique des
composantes narratives, repérable au niveau lexical et syntaxique
tout au long du texte, fonctionne au profit de l’expression d’une
réalité universelle.