Le Maître Chat ou le Chat Botté – entre canon traductologique et canon éditorial

Muguraș CONSTANTINESCU

Résumé


Résumé: Charles Perrault et ses Contes font nécessairement partie du canon littéraire ou scolaire pour le lecteur roumain. Mais le public cible roumain ne lit pas les Contes dans leur langue de départ, le français, mais, par le biais des intermédiaires comme les traducteurs et les éditeurs. Donc, le public cible roumain a dans ses mains un produit dont la présentation visuelle et scripturale dépend pleinement de ses attentes. Le lecteur est le premier élément pris en compte lors du processus de traduction et du processus d’édition, il fait partie du livre par l’influence qu’il a sur les traducteurs et sur les éditeurs. La première traduction à laquelle nous avons accès, celle de 1914, de I. Rășcanu diffère de la dernière, de 2017, faite par Aurelia Ulici ou de la plus récente adaptation de 2018 de A. et H. Crișan.

Nous nous proposons dans notre travail d’analyser les différences en ce qui concerne les choix des traducteurs pour le texte proprement dit et les choix éditoriaux qui influencent le plus les choix du public cible. Le rituel de tout lecteur qui se trouve dans une librairie est observable et compréhensible parce que nous faisons partie d’une société de consommation: il prend la marchandise, regarde sa couverture et son titre, la retourne, jette un clin d’œil sur la quatrième de couverture et la met dans son panier ou non. Notre corpus d’étude réunira des retraductions plus actuelles du conte Le Maître Chat ou le Chat Botté et des rééditions de traductions du XXe siècle, en analysant la démarche traductive en fonction du public cible visé, mais aussi les choix et les instruments éditoriaux utilisés pour attirer le public, soit-il enfantin, soit-il adulte. Nous envisageons également observer qui occupe le devant de la scène: le traducteur ou l’éditeur, l’image ou le texte, la forme ou le contenu. Les traductions peuvent elles aussi être des événements sur le marché éditorial parce que le nombre des garants de l’ouvrage est plus large que dans le cas d’un ouvrage original. De cette manière, l’ouvrage en traduction est garanti par la notoriété de l’auteur, par la maison d’édition, par la notoriété d’illustrateur et par celle du traducteur.

Notre travail propose une démarche analytique et comparative pour observer un état de lieux sur le marché traductif et éditorial roumain. Nous nous proposons également d’identifier dans quelle mesure le canon traductif s’impose au détriment du canon éditorial ou vice-versa et dans quelles conditions de créativité les deux se trouvent en équilibre.



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