Le phénomène de bi-langue dans Amour bilingue d’Abdelkébir Khatibi

Mzago DOKHTOURICHVILI

Résumé


Le présent article porte sur l’écrivain marocain Abdelkébir Khatibi que Jacques Derrida «tenait pour un des très grands écrivains, poètes et penseurs de langue française de notre temps», un des auteurs «incontournables» pour qui s’intéresse à la littérature francophone et dont l’«œuvre est largement reconnue dans le monde francophone et arabophone».

Comme tous les écrivains de langue française, communément appelés écrivains francophones, Khatibi aussi se dit être déchiré, torturé d’être toujours entre deux langues – langue maternelle qui est l’arabe, et langue française, langue étrangère, mais langue de son écriture féconde.

De ce fait, le bilinguisme et le biculturalisme tiennent une grande place dans ses réflexions. Dans notre article, il s’agit plus particulièrement de son récit Amour bilingue dans lequel ses réflexions sur la langue, en général, sur le rapport entre la langue maternelle et la langue étrangère, sur leur cohabitation, suscitent un intérêt particulier pour qui s’intéresse au phénomène de langue. Notre objectif est d’analyser la vision de la langue que l’écrivain développe dans le récit. Nous nous intéressons plus particulièrement à la notion de bi-langue, phénomène auquel il confère un sens particulier en affirmant que «toute langue est bi-langue... oscillant entre le passage oral et un autre qui s’affirme et se détruit dans l’incommensurable», et qu’il considère comme «sa chance d’exorcisme» affirmant «être né de la langue... dans la bouche de dieu invisible», mais «exilé dans sa bi-langue».

Nous montrons également, comment l’introduction de cette notion de bi-langue en liaison avec la notion de simulacre détermine en quelque sorte la structure binaire du récit et la construction spécifique du discours du narrateur/récitant.


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