Les études exiliques: pour un nouveau paradigme migratoire

Alexis NUSELOVICI

Résumé


La constitution du champ des «études exiliques» s’avère indispensable devant l’ampleur et la nature des phénomènes migratoires contemporains1. Le trajet de plus de 230 millions de migrants déclarés dans le monde occasionne des rencontres de cultures et de langues plus intensifiées qu’auparavant mais aussi des tensions sociales préoccupantes. La migration actuelle vers l’Europe entraîne des situations dramatiques et une crise sans précédent. L’expérience exilique, à désigner comme exiliance, déploie une potentialité heuristique unique face à ces nouvelles réalités et catégories migratoires extrêmement variées qu’il importe cependant de penser ensemble. Par ce changement de paradigme de recherche, penser l’exil, travailler sur ses diverses manifestations en tant qu’expérience, c’est-à-dire dans une dimension à la fois individuelle et collective, recentre sur le réel les approches de la migration qui, à coup de statistiques et d’analyses économiques, effacent le sujet migrant ou le neutralisent dans ses potentialités d’acteur politique. Savoir ce que représente, dans les termes d’Emmanuel Lévinas, ne pas être-chez-soi, dépasse l’enjeu épistémologique pour permettre de réfléchir à une société plus inclusive dans une perspective tant éthique que politique.


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