Les défis des langues minoritaires/minorées face à la mondialisation au XXIème siècle

Carmen ALÉN GARABATO

Résumé


Une lecture glottopolitique de l’histoire de l’Europe depuis le Moyen Age permet d’identifier deux «révolutions écolinguistiques» (D. Baggioni) qui ont bouleversé les rapports de force entre les langues. Les «victimes» de ces deux révolutions ont été d’un côté le latin (qui perd sa primauté en tant que langue de culture) et de l’autre les langues non soutenues par les pouvoirs, qui ne feront pas partie du projet de création des Etats-Nations modernes.

En ce qui concerne ces dernières, la conséquence de leur exclusion sera la minoration, voire la (quasi)disparition pour certaines. Relever les défis variés qui se présentent actuellement à ces langues pourrait ouvrir la voie à une «troisième révolution écolinguistique». Dans certains cas il s’agit de résoudre des défis hérités du XXèmesiècle (c’est le cas des conflits liés au nationalisme linguistique, cf. la Catalogne ou l’Ecosse...) qui menacent la stabilité des Etats-nations. Mais actuellement on peut apprécier également de nouveaux défis, moins médiatiques et médiatisés, concernant le rôle sociétal, voire la survie, de nombreuses langues-cultures très minoritaires et très minorées (conséquence des politiques-linguistiques étatiques unificatrices menées par les Etats depuis de nombreux siècles). (Plus ou moins) loin des aspirations nationalistes, certaines langues minoritaires/minorées sont en train de conquérir (selon des modalités diverses) des espaces qui leur étaient (pratiquement) interdits auparavant: l’économie (régionale) est l’un de ces espaces. Dans mon article j’illustrerai cette problématique par deux cas que j’ai étudiés (à partir de plusieurs enquêtes) et qui représentent deux dynamiques diglossiques très différentes: le cas du galicien en Espagne et le cas de l’occitan en France.


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